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07/03/2013

On ou Je

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je n'aime pas voir les gens soufrir.

Elle n'est plus autonome, mais elle s'amuse d'être transportée en fauteuil roulant.
Elle regarde par la fenêtre les bambins qui reviennent de l'école et les avions qui laissent dans le ciel leurs traînées blanches.

Elle attend l'infirmière. Puis elle attend l'assistante de vie. Puis elle attend sa fille. 
On la couche. Elle s'endort. Elle rêve d'araignées qui envahissent le grenier, de noyade dans la rivière, d'Allemands pendant la guerre.
On la réveille. On la lave. On l'habille. On la coiffe. On la fait belle. On la fait manger. On la recouche.

Elle dit souvent "Je préférerais mourir". 

J'espère qu'un jour son Je sera plus fort que notre On.

21:28 Publié dans On ou Je | Lien permanent | Commentaires (1)

18/11/2009

Ma compagne a 50 ans

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je sais que ma compagne aura du mal à passer le cap du demi siècle et il serait mal venu de se moquer de cette appréhension. Les femmes ont des obstacles à franchir que nous ne connaissons pas, messieurs. Soyons modestes et respectueux.

Elle ne me demande jamais si je la trouve encore séduisante. Mais elle dit, au détour d'un souvenir : "Quand j'étais jeune et belle...".

Alors je lui réponds : "Tu es toujours jeune et belle".

Elle rit, un peu tristement, et ajoute :

- Quand j'aurai 80 ans, tu me diras encore que je suis jeune et belle ?

- Oui, je te le dirai encore. Tu veux savoir si tu es jeune ? Regarde dans ton cœur. Tu veux savoir si tu es belle ? Regarde dans mes yeux.

 

09/06/2009

Journée mondiale de Rien

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j'en ai un peu soupé des fêtes des mères, des pères, des grands-mères et des cousins issus de germain. Et j'en ai jusque là (non, pas là, un peu plus haut) des journées mondiales pour la sauvegarde de la souris grise unijambiste, pour la réinsertion des chaussettes orphelines, ou la défense des fromages battus...

Je rêve d'une fête de Rien ou d'une journée mondiale de Rien. Ce jour-là on serait libre de ne penser à Rien. On n'aurait de cadeau à faire à personne, on ne commémorerait Rien.

Bien sûr, on n'aurait pas l'occasion de se débarrasser de quelques petites pièces cuivrées dans la boîte de conserve d'Adriana. Ou de Maurice. Ou de Ginette. On ne pourrait pas se délester discrètement d'un paquet de céréales périmées dans le caddy des restos du cœur. On ne participerait pas au commerce florissant des bouquets qui-coûtent-cher-mais-qu'est-ce-que-vous-voulez-c'est-pour-la-journée-mondiale-de-la-fête-des-mamans-des-organisateurs-de-journées-mondiales.

En revanche, on pourrait en profiter pour causer un peu plus longtemps avec la dame qui sort le chien de l'autre dame, celle qui ne peut plus sortir.

Et je pourrais me décider à aller prendre l'apéro avec les voisins du dessus, vu que ça fait six mois qu'ils m'ont invité.